2016 Stockholm Conférence

14ème conférence internationale de Domitor Stockholm, Suède 14–17 juin 2016

Viscères, peau et plastique: la corporalité et le cinéma des premiers temps

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Les images animées fascinèrent les premiers spectateurs en mettant des objets inanimés en mouvement. Les déferlantes et les « phantom rides » (vues filmées depuis un véhicule en mouvement) restèrent longtemps de grands favoris. Le plus souvent, la caméra capturait cependant des corps en mouvement dans leur quotidien, ainsi que des corps mis en scène pour elle : des travailleurs quittant l’usine, Sandow gonflant ses muscles, Annabelle exécutant sa danse. Avec sa capacité étrange et merveilleuse à produire une présence corporelle imaginaire, le cinéma profita des nouvelles formes de la culture du corps engendrées par la modernité tout en les élaborant. En effet, même les noms attribués aux machines et aux cor-porations du cinéma témoignaient de cette impulsion organique (bio, vita, vivant, animé). Au fur et à mesure que le médium s’industrialisa et multiplia ses liens intermédiaux, il remplaça des « modèles » anonymes par des stars et des superstars, tout en présentant des corps ordinaires dans des genres non-fictionnels. Avec le temps, les producteurs testèrent des techniques narratives, des styles de jeu, des approches programmatiques et des pratiques de projection, négociant et transformant ainsi les relations entre les corps à l’écran et la réponse des spectateurs. Du cinéma des attractions au long métrage, l’acte de regarder un film a toujours été corporel.

C’est dans un tel contexte que cette conférence de Domitor se propose d’explorer le rôle du corps dans toute sa gloire : corps grotesques ou « déviants » ; cadavres et corps démembrés ; corps érotiques, corps idéaux ; corps affichant un genre sexuel, une orientation sexuelle, un âge, une ethnicité, une classe, une origine nationale ; corps en danger ; corps dans le jeu de l’acteur ; corps suivant la mode ; corps dans le public ; etc…

Suggestion de thématiques :

  • Les premiers débats et/ou premières théories sur la nature des corps au cinéma et sur leurs relations aux corps présents devant l’écran.
  • Les théories moderne ou débats sur la modernité : cinéma des attractions, genres corporels, spectateurs et imag-inaire
  • La négociation, par le cinéma, des relations entre les genres sexuels et l’espace occupé par le corps dans la société, par exemple la représentation de la « nouvelle femme » ou les notions du corps interculturel dans le monde occiden-tal et ailleurs
  • Le vitalisme et le dispositif cinématographique
  • Les corps (humains et animaux) filmés dans des laboratoires en tant qu’objets d’expériences médicales ou scien-tifiques ; les corps cinématographiques incarcérés ou internés
  • Les disséminations cinématographiques d’idéaux physiques, de normes corporelles et de plastiques imaginées par le cinéma
  • Le cinéma gore non-fictionnel après des désastres, des accidents et des guerres
  • Le corps de l’acteur de l’anonymité au statut de star
  • Le corps déshabillé, suivant la mode, travesti ou toute autre sorte de corps cinématographique sans parure
  • La censure et la régulation de la dimension physique du cinéma
  • Les excitations corporelles dans le noir : satyres, prostitué(e)s, cultures du rancard
  • Le corps du public en danger : réglementations en cas d’incendies et autres moyens de sécuriser les espaces de projection
  • La discipline du public : les cinémas de jour et autres techniques pour contrôler le public
  • La représentation du corps et du mouvement dans les premiers films animés
  • Les corps simulés du cinéma : la corporalité mécanique et les prouesses corporelles
  • La cartographie du corps au service de l’analyse du mouvement physique : de Muybridge à Gilbreth en passant par Marey
  • La culture de l’étalage du soi et la corporalité dans des images animées non-projetées
  • Les jouets optiques manuels, les automates ou autres dispositifs tactiles.
  • Les corps au cinéma étudies/situés dans des relations intermédiales et intertextuelles avec d’autres formes de représentation et de spectacle (vaudeville, cirque, pantomime, chronophotographie, diapositives de lanterne, tab-leaux, cartes postales, publicité et théâtre)

Bien que nous supposions que le cadre temporel généralement adopté par les communications présentées à la con-férence s’étend de 1890 à 1915, nous sommes conscients que le cinéma s’est développé de façon inégale sur la scène mondiale. Par conséquent, nous considérerons aussi des propositions de communication portant sur le cinéma après 1915 dans des pays où les premières pratiques cinématographiques eurent lieu après le cadre temporel proposé. De même, les communications qui examinent l’histoire et le statut actuel de la place occupée par le cinéma des premiers temps dans les archives et les musées seront les bienvenues.

Soumettre une proposition : toute proposition doit être envoyée avant le 1er octobre 2015 à l’adresse électronique suiv-ante : domitor2016@gmail.com. Toute question relative à la soumission des propositions doit également être envoyée à cette adresse.

Les propositions de communications individuelles ne doivent pas dépasser 300 mots et doivent être rédigées en anglais ou en français. Seule une communication écrite dans l’une de ces deux langues pourra être présentée lors de la con-férence. Les communications ne devront pas dépasser 3300 mots et 25 minutes de présentation orale (tout support audiovisuel compris). Nous vous prions de nous remettre vos communications avant le 30 avril 2016 afin de permettre la traduction simultanée.

Les propositions pour des sessions pré-constituées de trois participants seront également considérées ; de telles propo-sitions devront être soumises par la ou le président(e) de la session et seront constituées des propositions individuelles et d’une brève présentation de la session pré-constituée.

Il n’est pas obligatoire d’être membre de Domitor pour proposer une communication. En revanche, toute personne présentant une communication à la conférence doit être membre de l’association.